Mon parcours du Bénin à ECE Paris
Il y a des chemins qui ne ressemblent à aucun autre. Le mien commence à Cotonou, passe par une licence en informatique, une académie de cybersécurité réservée aux femmes, et finit - pour l'instant - dans les salles de cours d'ECE Paris. Ce n'était pas un plan tracé d'avance. C'était une succession de décisions prises avec le peu de certitudes que j'avais à chaque étape.
La licence à l'ESGIS : quand la sécurité devient une obsession
J'ai fait ma licence en Informatique Réseaux et Télécommunications à l'ESGIS au Bénin, option Systèmes Réseaux et Sécurité. C'est là que tout a basculé. Je ne suis pas quelqu'un qui supporte l'ignorance - sur quoi que ce soit. Et la sécurité informatique, c'est exactement ça : comprendre comment les choses peuvent être cassées pour mieux les protéger. Cette logique-là m'a immédiatement parlé.
Ce n'était pas juste un cours parmi d'autres. C'était une direction.
Les CyberAmazones : ma première vraie communauté
En 2022, j'ai candidaté à l'Académie des CyberAmazones, une initiative de l'Association Béninoise pour la Cybersécurité et la Promotion du Numérique (ABCPN). Un programme pensé pour les femmes qui veulent se lancer dans la cybersécurité.
J'ai été acceptée.
Ce que cette académie m'a donné, ce n'est pas seulement des compétences techniques. C'est la preuve concrète que des femmes comme moi avaient leur place dans ce domaine. Voir d'autres femmes béninoises résoudre des challenges, parler de vulnérabilités, construire des carrières dans la sécurité - ça change quelque chose en toi. Ça déplace une frontière intérieure que tu ne savais même pas que tu avais tracée.
Le saut vers la France
Arriver à ECE Paris en 2023, c'était un autre monde. Nouvelle langue de travail au quotidien dans un environnement très technique, nouvelle culture, nouveaux codes. Et surtout : recommencer à prouver sa légitimité dans un endroit où personne ne te connaît.
Le syndrome de l'imposteur, je le connaissais déjà. Mais là, il avait pris une nouvelle forme. Est-ce que ma licence béninoise valait quelque chose ici ? Est-ce que mon accent allait me trahir en exposé ? Est-ce que j'avais le niveau ?
La réponse, je l'ai construite au fil des semaines. Pas en cherchant la validation des autres, mais en continuant à travailler, à creuser, à documenter ce que j'apprenais - ce que tu lis sur ce blog en est la trace.
Ce que j'ai appris de ce parcours
Un parcours non linéaire n'est pas un parcours raté. Une licence au Bénin, une académie Women in Tech, une école d'ingénieurs en France - ce n'est pas un détour, c'est une construction.
Si tu es une femme africaine qui envisage une carrière dans la tech ou la cybersécurité, sache que le chemin existe. Il n'est pas toujours balisé, il n'est pas toujours confortable, mais il existe. Et tu n'as pas à attendre d'être parfaitement prête pour commencer à le prendre.
Moi, je ne l'étais pas. Et j'y suis quand même.